J’ai testé le nouveau C4 Picasso

Le concept de « Techno Space », ou la voiture toute connectée, compte bouleverser le marché des monospaces. Premier à dégainer : Citroën.

Ce week-end, jai pu profiter des portes ouvertes de constructeurs pour monter dans la nouvelle Citroën C4 Picasso.

J’ai pu ainsi entendre le discours commercial, bien argumenté, sur les nouvelles technologies embarquées dans cette nouvelle génération d’automobiles.

L’espace à bord est toujours aussi large, et confortable. On retrouve toujours ce large pare brise montant haut au dessus des passagers avant. J’apprécie aussi le repose pied du passager avant (finition Exclusive, la plus chère évidemment). Madame appréciera. Mais ce qui frappe avant tout, c’est l’absence de boutons de commandes. Et c’est ici que Citroën compte créer la vraie surprise. Tout a disparu, il ne reste que la boite de vitesses et quelques boutons clés, comme le frein à main automatique.

Pour le reste, tout se pilote via une tablette tactile : ventilation, auto radio, etc …

Et c’est là que le bas blesse. Le vendeur se targue de proposer « la voiture qui va assommer la concurrence » grâce à cette débauche de technologies. Exit les compteurs à aiguille, les appareils analogiques, tout devient électronique. Il parait que cela correspondait à une attente forte du public. De plus, des services connectés sur internet viennent enrichir le tout, comme Coyotte, les relevés de tarifs des stations service, etc … Le commercial ne précise pas par contre que ce sont des suppléments très chers.

J’ai entendu un client apostropher le commercial pendant sa prose, qui a du être répétée X fois. Il s’est attardé sur la fameuse tablette.

- Aujourd’hui, si une tablette est dépassée, on la change. Peut-on changer celle-là quand elle sera obsolète ?

Réponse embarrassée du commercial. « Ce n’est pas utile a priori. »

Le client insiste : « Je ne vois pas l’intérêt de ne pas pouvoir changer de tablette, car elles deviennent obsolètes au bout de six mois. »

Le commercial tente de ne pas se laisser dépasser, et précise que l’OS peut être mis à jour, mais c’est tout.

Le client en remet une couche : »Oui, mais l’OS ce n’est pas la tablette ».

Le commercial s’agace : « Je ne  vais pas entrer dans ce débat là avec vous ».

Le client le remercie et s’en va. Dommage, il n’a même pas testé le confort des sièges arrière.

Et c’est bien là le souci : avec ces nouveautés, certes attrayantes et ludiques (même si elles ne révolutionnent pas la conduite), on sait que tout déléguer à l’électronique engendrera forcément des pannes au bout de quelques années, voire des lenteurs dans le meilleur des cas, et cela passera par une assistance qui sera forcément plus chère pour l’usager.

Citroën introduit la notion de tablette tactile, pour piloter les instruments. Mais attention, aux yeux du public, tablette ne signifie pas la même chose, et est surtout synonyme d’évolutivité. Dans les systèmes embarqués, nous savons tous que les systèmes (quels qu’ils soient), sont figés.

De plus, la tendance du tout connecté (qui apporte un vrai plus, je suis d’accord), se fera au prix d’ajouts d’abonnements qui restent encore excessifs.

Donc ok pour le concept « Techno », mais attention aux arnaques.

Ceci dit, l’écran haute définition 12 pouces, qui vient compléter cette tablette, est en effet très clair et très agréable à la vue.