Technologie Bluemotion : quand écologie rime avec marketing

VW a développé un label écologique, visant à faire baisser les émissions de CO2, conformément aux normes européennes. Oui mais voilà …

Aujourd’hui j’ai décidé d’écrire un post sur la technologie Bluemotion de Volkswagen.

Quel rapport avec le yoga et le hi tech ? Aucun. C’est l’intérêt de ce blog de parler de tout.

Si ce n’est qu’étant à la recherche d’une voiture, je suis tombé sur cette question cornélienne de savoir si la technologie Bluemotion était intéressante ou non.

Je commence comme sur Wikipédia.

Bluemotion : définition

L’appellation Blue Motion de Volkswagen désigne les modèles les plus propres et les plus sobres en consommation de carburant de la gamme de ce constructeur automobile.

Principe de la Blue Motion

Le concept Blue Motion consiste à utiliser un ensemble de solutions techniques qui concourent à optimiser la performance énergétique et à réduire les émissions polluantes des modèles conventionnels.

Ces techniques se concentrent sur quatre aspects :

  • le moteur ;
  • les systèmes de transmissions du carburant et du mouvement ;
  • la réduction des forces de frottement ;
  • les dispositifs de dépollution.

Le moteur

  • Adoption du système Stop & Start qui coupe le moteur automatiquement à l’arrêt ;
  • Recours à la technologie de la suralimentation du moteur (moteurTSI) qui permet d’obtenir des performances mécaniques supérieures tout en profitant des économies de carburant du downsizing.

La transmission du carburant et du mouvement

  • Optimisation de l’admission du carburant : technique d’injection directe (TDI), injection sous pression et fractionnement de l’injection (système d’injection flexible haute pression à rampe commune) ;
  • Gestion optimisée des passages de vitesse avec la boîte de vitesse robotisée à double embrayage dite Direct-Shift Gearbox (DSG). Cette boîte de vitesse évite les phases de sous-régime et de sur-régime et améliore donc l’efficacité du moteur ;
  • Freinage régénératif qui soulage le frein moteur et recharge la batterie électrique.

La réduction des forces de frottement

  • Pneus à faible résistance au roulement ;
  • Amélioration de l’aérodynamisme : châssis abaissé, conception des grilles d’aération…

Les dispositifs antipollution

  • Généralisation des filtres à particules ;
  • Mise en place d’un système de traitement postcombustion des gaz d’échappement par réduction catalytique sélective (RCS). Ce procédé RCS réduit les émissions d’oxydes d’azote en transformant les NOx en diazote (N2) et en eau.

Source : http://www.futura-sciences.com/fr/definition/t/developpement-durable-2/d/blue-motion_7309/

En clair, on nous explique que cette technologie exploite le concept du « Start and Stop », des pneus spécifiques et un système de filtre à particules renforcé. Je comprends que couplé à une boite automatisée DSG, le système est plus performant, et que le turbo est renforcé pour les modèles essence TSI. A savoir que comme les moteurs sont petits (le downsizing évoqué), c’est à dire des petits 1,2 litre seulement, le turbo est renforcé pour pallier le manque de puissance dû à ce petit moteur.

Dans les deux cas, on nous promet des gains de consommation, et une réduction de la pollution. Donc acte.

La vocation initiale était de pouvoir proposer des solutions écologiquement acceptables, et compatibles avec les normes européennes sur les émissions de CO2, donc politiquement très corrects, et ainsi de pouvoir faire profiter les usagers des bonus écologiques.

Seul souci dans l’histoire, les moteurs eux même, surtout dans la tendance du « down sizing », ont tellement progressé qu’ils n’engendrent plus aucun malus (sauf encore quelques exceptions comme les gros moteurs essence). Dans le même temps, les véhicules Blue Motion ne donnent pas de bonus écologique particulier. Les deux solutions sont donc au même niveau sur le plan écologique !

Aujourd’hui, un véhicule équipé des solutions Blue Motion se vend environ 500€ plus cher que sa version non écologiquement responsable. Pour les rentabiliser, mon petit calcul m’a conduit à estimer un kilométrage total de 77000 km, en conditions de conduite normal (mi urbain, mi route). A vous donc d’évaluer, selon votre kilométrage annuel, à combien de temps ce système pur vous faire gagner des sous. Et encore, cela suppose que dans les années à venir, le prix du gazole reste au même prix qu’aujourd’hui, ce qui est loin d’être certain !

Dans les concessions, on ne met donc pas en avant ce procédé, puisqu’il ne bénéficie pas d’un avantage direct au client, alors qu’au contraire, il alourdit la facture.

Les allemands, que l’on a connus si écologiques et fiers de l’être, font donc dans la discrétion à ce sujet, laissant le client arbitrer seul de sa volonté d’émettre moins de CO2. Après tout, il semble y avoir pas mal d’adpetes, tant on croise des autos estampillés fièrement BlueMotion sur le derrière dans les rues et sur les routes.

Donc, une stratégie commerciale restera surement à revoir, mais peut être les constructeurs préfèrent suivre les évolutions et les tendances politiques à ce sujet, avant de surenchérir sur des offres écologiques performantes et créer des avantages réels pour les clients, qui sont aussi citoyens, électeurs, et vivant sur cette planète, et donc soucieux de leur environnement autant que leur consommation.